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365 jours en Bourgogne

A l’âge d’or de la Bourgogne

15 Juin 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Histoire

Avant la première guerre mondiale, la Bourgogne était un grand vignoble par la réputation, déjà, mais aussi par la taille…  En contraste avec la situation actuelle : le petit vignoble bourguignon n’arrive plus à faire face à la demande.

Gevrey Chambertin vignobleLa Bourgogne est un nain viticole : seulement 30 000 hectares de vignes. C’est quatre fois moins que Bordeaux, et plus de 10 fois moins que le Languedoc-Roussillon ! Une modestie subie, héritée de la crise du phylloxéra. Avant que cet insecte venu d’Amérique n’atteigne les départements bourguignons, en 1875, le vignoble s’étendait sur près de 118 000 hectares ! Le seul département de la Sâone-et-Loire comptait plus de ceps (43 000 ha) que la Bourgogne actuelle tout entière. « L’avant phylloxéra est perçu comme un âge d’or pour le vignoble », expose l’historien Olivier Jacquet. Avant la Grande Guerre, sa superficie était encore de plus du double de celle d’aujourd’hui.

La lutte contre la bestiole dévastatrice est à l’époque très onéreuse. L’insecticide utilisé, le sulfure de carbone, se montre coûteux. La solution durable consiste à greffer les cépages français sur des pieds de vignes américaines, résistantes à la piqûre de l’insecte. Elle implique d’arracher et de replanter. « C’est un déchirement pour les vignerons, en particulier pour les plus petits. Ils ne peuvent pas se permettre de tout perdre pendant quelques années (ndlr : il faut 4 ans après plantation pour que la vigne soit productive). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle beaucoup ne replanteront pas », précise Olivier Jacquet. Ainsi disparaissent les vignobles les moins rentables. Premiers tombés au front... A l’inverse le domaine de la Romanée-Conti s’est employé, jusqu’en 1945, à maintenir des vignes francs de pied (sans greffage).

Sur les terres laissées en friche, les Bourguignons plantent du cassis. Ces petits fruits donneront de fameuses liqueurs puis le kir. L’exploitation des carrières, comme celles de Comblanchien et de Corgoloin, prend aussi un essor inédit.

Le vignoble bourguignon continuera de décliner jusque dans les années 1950 pour tomber en dessous de 15 000 ha. Seuls les meilleurs terroirs sont maintenus en culture. Grâce, ou à cause, du phylloxéra, la Bourgogne réduite à ses meilleurs parcelles a affirmé sa vocation à produire des vins fins. Et surtout à peaufiner une culture du terroir d’une précision inégalée…

 

Photo : Vignoble de Gevrey-Chambertin.

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H
Il semble qu'on ait aussi abandonné des cépages au passage. Savez-vous exactement pourquoi?
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L
Seuls les meilleurs terroirs ont été replantés, avec très logiquement les cépages les plus qualitatifs. Les cépages secondaires ont été réduits à peu de chose, mais c'est la création des AOC (1936), et sa réglementation sur l'encépagement, qui a surtout durablement réduit leur nombre.