Dimanche 27 mai 2012 7 27 /05 /Mai /2012 09:26

La lumière vient du sud. Et le sud, en Bourgogne, c'est le Mâconnais. Dans ce vignoble, plus qu'ailleurs, l'avenir s'annonce radieux. Car même en cave, le soleil n'est jamais loin.

 

C'est là que ça bouge le plus en Bourgogne ! Mon impression finale en remontant l'autoroute A6, direction Beaune, conforte une nouvelle fois une conviction déjà ancienne. Là où les hiérarchies de certaines appellations sont rarement bousculées, à Pouilly-Fuissé, Saint-Vérand, Viré-Clessé, etc., chaque année apporte son lot de belles découvertes.  

Nos dégustations du numéro "spécial millésime 2011" de Bourgogne Aujourd'hui ont mis en évidence deux nouvelles têtes : Frantz Chagnoleau et Romuald Petit.

Frantz-Chagnoleau.jpgLe premier, originaire de Charentes-Maritimes, s'est trouvé une vocation pour la vigne. Il a travaillé à partir de 2004 chez Olivier Merlin, l'un des précurseurs du renouveau qualitatif de la région. Convaincu par le potentiel de ce vignoble, Frantz a cherché un vignoble, avec insistance et patience, avant de s'installer à Pierreclos en 2009. Avec l'aide de sa compagne Caroline, responsable d'exploitation au domaine des Héritiers du Comte Lafon, à Milly-Lamartine, il exploite 5,5 hectares en bio. Son exigence, on pourrait presque parler d'intransigeance, est impressionnante. L'objectif est de faire ressortir la minéralité de ses terroirs : rendements très contrôlés, élevages longs, pas de surmaturité. Ses appellations : mâcon-villages, viré-clessé, saint-véran. Il complète la gamme par des achats de raisins sur Pouilly-Fuissé. J'ai eu un coup de cœur pour leur Pouilly-Fuissé "Madrigal" 2010, un vin qui rivalise allégrement avec les meilleurs premiers crus de la côte de Beaune.

R.Petit.JPGPlus au sud, Romuald Petit a, pour sa part, déposé ses bagages de jeune viticulteur passionné à Saint-Vérand. Un chemin plus court à parcourir pour lui : originaire de Morgon, il a repris en 2005 le vignoble d'un vieux vigneron décédé sans successeur. Romuald ne revendique pas de philosophie bio mais un travail artisanal, sans dogmatisme, sur un domaine de 8 hectares, principalement en appellation saint-véran. Ces parcelles sont pour beaucoup spectaculairement escarpées, interdisant toute mécanisation intensive. Son pragmatisme a fait le reste. Illustration en 2011 : il a étalé ses vendanges sur 3 semaines pour aller récolter les raisins à la période optimale de maturité. Ces débuts ont été difficiles : son vignoble a subi la grêle trois années de suite (2008, 2009, 2010). Pourtant, cela n'a pas entamé sa loquacité. En vinification, Romuald Petit se dit adepte du minimalisme quant à ses interventions. Une incontestable réussite. Ses vins sont pleins de fruit et offrent beaucoup de chair en bouche. Il produit également un beaujolais-village et un morgon d'une grande tenue. Pour info : des portes ouvertes sont organisées au domaine les 16 et 17 juin prochains.

 

Frantz Chagnoleau et Romuald Petit viennent donc s'ajouter à la liste, désormais longue, des vignerons du Mâconnais qui ont pris place parmi les grands références bourguignonnes. Par bonheur, le Mâconnais est l'un des rares secteurs de la région où le prix du foncier rend l'accès à la vigne encore possible pour un néo-viticulteur. Olivier Merlin, les frères Bret, Jean-Marie Guffens, Nicolas Maillet, Roger Saumaize-Michelin, Jean-Marie Chaland, Pascal Pauget, etc. Autant de vignerons, souvent venus d'horizons extérieurs au vignoble, qui comptent parmi les meilleurs en Bourgogne. Ils insufflent un vent nouveau. 

Là où d'autres revendiquent des générations de transmission de père en fils, eux démontrent qu'un regard neuf, de l'enthousiasme et de l'exigence, font merveille sur des terroirs sans doute largement sous-estimés jusqu'ici. Le sud, pas si loin du zénith.

 

Toutes nos découvertes seront à lire dans le prochain numéro de Bourgogne Aujourd'hui spécial millésime 2011 à paraître le 2 juin.

Par Laurent Gotti - Communauté : Les passionnés du vin de Bourgogne
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 09:37

Le vignoble bourguignon a progressivement reverdi ces dernières semaines. Après une reprise rapide en mars, la fraicheur du mois d'avril a nettement calmé les ardeurs des ceps. A ce rythme, les vendanges interviendraient autour du 15-20 septembre. Ni précoces, ni tardives. Visite à Savigny-lès-Beaune avec Michel Ecard, vigneron confiant.

 

A noter, fait exceptionnel à cette époque de l'année, que des gelées ont sévi le 17 mai en Côte de Beaune. Les bas de Chassagne-Montrachet et de Santenay ont été touchés. Les prochaines semaines devraient nous en dire plus quant l'impact d'un tel événement climatique sur la future récolte.

Par Laurent Gotti - Communauté : Les passionnés du vin de Bourgogne
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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 18:02

Percez la magie et la subtilité des "climats" du vignoble de Bourgogne c'est désormais possible sur internet.   

Climats-cartes.JPG Le site de l'interprofession bourguignonne est devenu ces jours derniers une source d'information précieuse sur les "climats" (synomyme bourguignon de terroirs) du vignoble de Bourgogne.

Dans la rubrique "Au cœur des appellations", l'internaute peut désormais taper le nom d'un climat dans un moteur de recherche. Il voit apparaitre une page complète sur le terroir en question. On y trouve , bien-sûr, le village sur lequel il se situe avec une photo à 360° du vignoble (réalisation Panogeo). Une fiche appellation précise les informations générales sur le caractère des vins et donne des conseils de sommeliers pour les accords avec les mets. Innovation particulièrement instructive, une carte (signée de Jean-Charles Servant et Sylvain Pitiot) a été ajoutée, sur laquelle on peut visualiser la situation du climat : délimitations précises, courbes de niveaux, positions dans la hiérarchie, etc. La deuxième partie de la page propose la liste et les coordonnées des producteurs de l'appellation. Enfin, rien n'a été laissé au hasard puisque des fichiers sons permettent de prononcer sans erreur le nom de l'appellation. Prononcer "Mon rachet" fait meilleur effet que "Mon-trachet" lorsqu'on se prétend connaisseur.         

Autre raison de se réjouir pour les internautes oenophiles : des films d'animations sur la vinification des vins de Bourgogne viennent également d'être mis en ligne (c'est ici). De l'arrivée des raisins en cave jusqu'à la mise en bouteille, ces films détaillent la naissance d'un vin de Bourgogne. Ce sont en fait trois films qui ont été réalisés, un pour les blancs, un pour les rouges et un pour les crémants. Plusieurs niveaux de lecture sont proposés. Les personnes qui souhaitent davantage d’informations peuvent cliquer sur « en savoir plus » et accèdent à un texte plus complet qui décrit en détails le déroulement de l’opération et sa finalité. Les informations sont déclinées en français et en anglais.

Par Laurent Gotti - Communauté : Les passionnés du vin de Bourgogne
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 21:43
Nous aussi on refait le match ! Suite du compte rendu d'une soirée dégustation destinée à vérifier, ou à bousculer, les hiérarchies. Officielles ou non.
 
Match 5
Feytit-Clinet- Château Feytit-Clinet 2005 (Pomerol)
Le nez est d'une belle complexité sur des notes de fruits bien mûrs avec un boisé fumé de qualité. En bouche les tannins sont à la fois serrés et fins. La longueur est celle d'un grand vin. Un vin qui respire l'harmonie et une maturité bien maitrisée. 18,5 sur 20

- Château de Braude 2005, cru bourgeois (Haut-Médoc)
Le nez est élégant sur des notes de rose et de cèdre. La bouche est charnue, agréable. Elle s'affermit en finale. Un bel ensemble. 16 sur 20

La hiérarchie est ici respectée : Feytit-Clinet par la finesse et la richesse de ses tannins présente un surcroit de caractère et de longueur indéniable. Le Château de Braude reste toutefois un excellent vin dans son niveau d'appellation.

 
Match 6
 
- Penner Ash 2009, Pinot noir (Willamette Valley, Oregon)
Le nez évoque la mûre, la groseille, la violette. La bouche est vive, friande, sans grande longueur. Un vin sympathique. Plusieurs de nos dégustateurs ont pensé qu’il s’agissait d’un gamay. 14 sur 20

- Vosne-Romanée premier cru Clos des Réas 2009 - Domaine Michel Gros
Le nez est délicatement toasté tout en déployant des notes de fruits noirs et de violette. La bouche est également d’une grande classe, souple et longue. Peut-être pouvait-on s’attendre à davantage d’ampleur vu le millésime. Un beau vin sur la réserve.
15,5 sur 20

Un match nouveau monde-vieux monde d’un beau niveau. La complexité, la classe étaiten assez nettement du côté de la bonne vieille Bourgogne.
 

Match 7
 
- Chambolle-Musigny 2006 - Christian et Isabelle Clerget
Le nez est discret sur des notes d’épices (clou de girofle). La bouche est dense, profonde, les tannins sont fermes, un peu rugueux. Un vin encore dans sa prime jeunesse, costaud. A garder encore 5 ans sans problème. 15 sur 20

- Gevrey-Chambertin Clos Saint-Jacques 2001 – Sylvie Esmonin
Les signes d’une belle évolution sont là (champignon) mais le fruit (cerise) n’a pas disparu pour autant. La bouche est toute en finesse et en souplesse. L’ensemble donne un vin velouté, gourmand mais aussi d’une bonne longueur. A boire. 16 sur 20
 
Un match qui a opposé un vin à son apogée, le gevrey, et un autre qui demande de la patience. Pour autant le chambolle, simple village, a bien tenu la comparaison face à l’un des meilleurs premiers crus de Gevrey.
 
Match 8
G Chamb Les champeaux- Gevrey-Chambertin premier cru Champeaux 1999 – Denis Mortet
Des notes de grain de café dominent au premier nez. Il gagne bien en complexité au fur et à mesure de l’aération. La bouche offre beaucoup de chair, les tannins sont fins. Le vin semble juteux, gourmand. Beaucoup de plaisir. Les vins de Denis Mortet (disparu prématurément en 2006) lui rendent inlassablement hommage… 18 sur 20

- Clos des Lambrays grand cru 1999 – Domaine du Clos des Lambrays
Un vin tendu, d’une belle fraîcheur. La bouche reste toutefois assez simple, manquant un peu de grâce et d’ampleur. Une déception. 12 sur 20
 
Le style « moderne », gourmand et souple du gevrey de D. Mortet a très bien évolué. Ce vin illustre à merveille les propos de certains vignerons à l’époque : « 1999 est un millésime qui, dès ses débuts, s’est bien goûté et se goûtera bien encore longtemps ». On peut-difficilement aboutir à la même conclusion avec le Clos des Lambrays que l’on a connu en meilleure forme. Le challenger s’impose largement.

Conclusion : Cette deuxième série a apporté moins de surprises que la première, pour autant les challengers ont très souvent titillé les têtes d’affiche.
Par Laurent Gotti - Communauté : Les passionnés du vin de Bourgogne
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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 17:29

L'idée de la soirée était simple : deux vins servis simultanément et à l'aveugle. Un challenger et un outsider. Qui préfère le premier ? Qui ne jure que par le deuxième… C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés à quelques dégustateurs, bouteilles à la main, durant les Grands jours de Bourgogne (fin mars). Pas de doute, le prestige de l'étiquette ne garantit pas toujours le plaisir...

 

Match 1

Viré Clessé-copie-1 -Viré-Clessé 2004 "Cuvée E.J. Thévenet" - Domaine de la Bongran

Nez très expressif de fruits exotiques, de miel d'acacia, de raisin confit. La bouche offre un beau volume (peut-être moins qu'attendu après un tel nez), avec du moelleux mais aussi une belle vivacité. Harmonieux. Un domaine qui compte bien des aficionados autour de la table. Et qui ne déçoit pas… 16 sur 20

 

- Corton-Charlemagne 2004 - Domaine Nudant.

Le vin est bien fatigué (oxydation) mais encore buvable. Seulement par conscience professionnelle… 10 sur 20


Vous avez bien lu : un viré-clessé bat à plate couture (unanimité autour de la table) un corton-charlemagne au bout du rouleau, pourtant du même millésime. Un défaut d'oxydation peut-être lié à cette bouteille uniquement. On l'espère.

 

Match 2

 

- Rully premier cru Les Margotés 2006 - Vincent Dureuil-Janthial 

Toujours au top l'ami Vincent Dureuil-Janthial. Il nous propose un vin d'une grande pureté aromatique (petites fleurs blanches). La bouche est délicatement acidulée, pleine de sève, d'une grande longueur. Un vin de plaisir mais devrait-il en exister d'autre sorte ? 18 sur 20.

 

- Pouilly-Fuissé Les Courtelongs 2009 - Domaine Saumaize-Michelin 

Le nez est intense, profond, finement vanillé. Une expression aromatique témoignant d'une maturation bien accompagnée du raisin. La bouche est puissante, ronde, un peu chauffante en finale. 17 sur 20 .

 

Deux grands vins blancs, à égalité ou presque dans les suffrages. J'ai trouvé un peu plus d'harmonie dans le rully (millésime un peu plus âgé il est vrai). Un très beau et savoureux match !

 

Match 3

- Chablis grand cru Les Clos 2002 - François Raveneau 

Le nez est miellé, figué, avec une petite tonalité lactée également. La bouche est très tendue, vive, austère, droite. Un vin qui peine à se détendre... 2002 est pourtant un millésime de belle maturité à Chablis. 12 sur 20.

 

- Chablis grand cru Les Clos - Vincent Dauvissat 2001

Aïe. Le nez présente des arômes de moisi humide (le bouchon…) mais aussi, une touche fumée. La bouche paraît dense mais dominée par ces arômes peu sympathiques. Dommage. Difficilement notable…

 

Deux bouteilles a priori "mythiques" : le summun de Chablis côté terroir comme coté producteurs. Grosse déception au bout du compte... Le match attendu n'a pas vraiment eu lieu. Le grand cru de chez Dauvissat a rendu les armes avant de combattre. Certains de mes voisins de tablée ont été enthousiasmés par le Clos de Raveneau. Son austérité m'a donné peu de plaisir.

 

Match 4

La-Grave-Figeac.jpg - Château La Grave Figeac 2005 - Saint-Emilion grand cru

Le nez est bien expressif sur des notes de cassis bien mûr et un boisé finement dosé. La bouche est profonde, d'une longueur moyenne toutefois. L'ensemble est puissant et harmonieux. Un saint-émilion 2005 (65% merlot) qui a parfaitement évolué. 17 sur 20.

 

- Château La Gaffelière 2005 - Saint-Emilion premier grand cru classé B

Le nez est intense dominé par des notes fumées-torréfiées. La bouche est consistante, chaude, mais les tannins sont fermes et même amers en finale. Un peu raide aujourd'hui. A garder encore quelques années. 15 sur 20.

 

De l'intérêt, une nouvelle fois, de distinguer le plaisir que nous offre une bouteille, à un instant "t" et son classement dans la hiérarchie. J'ai personnellement trouvé plus d'agrément avec le La Grave Figeac. Les avis étaient toutefois assez partagés autour de la table. Tout le monde a reconnu la très bonne tenue d'un simple "grand cru" face à un premier grand cru. Il n'est pas exclu, et ce serait même normal, que le La Gaffelière prenne le dessus dans la durée.

 

Conclusion à mi-parcours : Après ces quatre premiers rounds, il apparaît que boire bon n'est pas une question de budget. C'est plus souvent les vins les moins bien côtés dans la hiérarchie des appellations ou des classements qui nous ont donné le plus de plaisir ! 

Suite la semaine prochaine...

 

Les commentaires n'engagent que moi mais les photos sont de Gilles Trimaille.

Par Laurent Gotti - Communauté : Les passionnés du vin de Bourgogne
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