Lundi 23 janvier 2012
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Reçu du premier coup ! Les Climats du vignoble de Bourgogne ont été retenus par le Ministère de la Culture pour
être proposés à l'inscription au patrimoine mondial de l'humanité.
La
nouvelle est tombée le 20 janvier dernier comme une heureuse surprise : les bons connaisseurs du dossier lui donnaient seulement 25% de chance de passer lors de cette première tentative.
Les élus sont en effet peu nombreux : deux candidatures seulement par an sont choisies par la France. La chaine des Puys
d'Auvergne faisait figure de solide prétendant tout comme la grotte Chauvet (également retenue). Prochaine étape : convaincre les 21 représentants des états membres du comité du patrimoine
mondial. Ils devront examiner le caractère exceptionnel et universel des climats de Bourgogne (les terroirs et toute la culture qui s'y rapporte). "L'inscription n'est pas acquise, loin de là. La
mobilisation doit rester totale", explique Etienne de Montille. "C'est un grand merci que je voudrais adresser à toutes celles et ceux, près de 40 000 soutiens, qui ont cru et continuent de
croire en la légitimité de cette candidature", réagissait pour sa part Aubert de Villaine, président de l'association qui porte le projet. La décision finale pourrait intervenir à la mi-2013. Il
est toujours temps d'apporter votre soutien sur le site : www.climats-bourgogne.com
Ce succès de taille intervient en pleine finalisation des préparatifs de la Saint-Vincent
tournante consacrée… aux climats. Ces 28 et 29 janvier, Dijon, Beaune et Nuits-Saint-Georges feront la fête, sous l'égide du saint patron des vignerons, aux terroirs bourguignons. Un total de 262
500 verres de vins seront servis ! Plus d'infos et détails : www.st-vincent-tournante.fr
Par Laurent Gotti
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Vendredi 20 janvier 2012
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17:47
La biodynamie, méthode de culture qui fait référence aux influences cosmiques, suscite toujours de la circonspection
auprès des scientifiques. Charles Frankel, spécialiste du système solaire s'exprime.
La biodynamie… Ces traitements à base de tisanes de plante, ces préparations de bouse de corne, ces rythmes cosmiques… Sujet
parfois ésotérique, difficile à cerner, et donc à expliquer pour un journaliste à ses lecteurs. Une des règles de base du métier devrait être : mieux vaut s'abstenir d'écrire tant qu'on ne
maîtrise pas son sujet. Sauf à avertir subtilement son lecteur qu'on n'a pas tout compris*… Position que j'adopte volontiers à ce propos. Une occasion d'en savoir plus s'est présentée il y a
quelques jours.
Pour la rubrique "Rencontre" du prochain Bourgogne Aujourd'hui (à paraître à la fin du mois) nous sommes allés à la
rencontre de Charles Frankel. Ce franco-américain, affable, est géologue et spécialiste du système solaire. Il a publié à l'automne dernier un livre "Terres de vigne" (Editions du Seuil). Un
ouvrage de vulgarisation, au sens noble du terme, sur la géologie viticole. Que pense-t-il de la biodynamie, lui, spécialiste des astres (il a publié L'Homme sur Mars en 2007) et à
la fois bon connaisseur du vignoble ? Réponse : "La biodynamie m'intéresse d'un point de vue culturel. Mais mon esprit cartésien, rigoureux et mes connaissances en astronomie me montrent qu'il
n'y a aucune raison de penser à une influence des astres sur la croissance des végétaux. A quelques exceptions près. Il y a un rythme que les végétaux ont retenu dans leur ADN : celui des marées.
Ils descendent des algues. Il y a une mémoire de la marée dans leur cycle. Maintenant que la sève monte ou descende selon certaines phases de la lune, personnellement je n'y vois pas de réalité
scientifique. (…) Ceci dit que des personnes s'adonnent à la biodynamie, c'est tout à fait permis évidemment. Cela ne fait de mal ni aux vins ni à personne. D'un point vue culturel, je trouve
même cela génial que les gens s'intéressent à leur rapport avec le cosmos, cherchent à s'insérer dans des rythmes naturels. De ce point de vue, je trouve cela très rafraichissant…"
Voilà qui va décevoir beaucoup d'adeptes de la biodynamie. Ceux-là même qui reprochent précisément aux scientifiques de ne
pas s'intéresser suffisamment à leurs pratiques. Charles Frankel aurait-il envie de creuser le sujet ? Réponse : "C'est difficile d'avoir un dialogue lorsque l'on parle deux langues différentes.
Je ne peux pas, c'est un exemple, m'expliquer avec des gens qui pratiquent l'astrologie : je vais leur tenir un langage trop éloigné du leur. Nous allons avoir un dialogue de sourds. Cela
n'empêche pas de se respecter. C'est comme rencontrer quelqu'un d'une autre religion : on n'essaie pas de le convaincre de changer de foi." Voilà qui laisse assez peu d'espoir de percer
prochainement les mystères de la biodynamie. En attendant le nombre de pratiquants progresse dans les vignobles. Un guide des vins en biodynamie vient de paraitre aux Editions
Féret.
Je vous recommande aussi le film La Clé des Terroirs de Guillaume
Bodin, pour appronfondir le sujet.
Par Laurent Gotti
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Samedi 14 janvier 2012
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16:12
Après deux mois d'hiver doux, le froid intense de février a dévasté le vignoble. C'était en 1956. Le funeste scénario
est-il en train de se répéter ?
"Les vignes pleurent déjà", s'inquiète François Despagne. Ce mercredi 11 février au matin
le ciel est dégagé, l'herbe et les pieds de vignes du Château Grand Corbin Despagne (Saint-Emilion) sont légèrement givrés. Conséquence d'un hiver bien peu rigoureux, la sève remonte dans les
ceps. Quelques gouttes tombent des sarments fraîchement taillés. D’où les vignes en pleurs… Elles ont manifestement le sommeil très léger cette année. On pourra se questionner un peu plus tard sur la
survenue d'une nouvelle année précoce. Mais une anxiété plus immédiate s'est emparée des vignerons de Bordeaux*, comme des Bourguignons, qui vivent une situation identique. L'ombre
menaçante d'une sévère gelée plane maintenant sur les vignes. Si un froid vif devait saisir la France, les vignes gonflées de sève et d'humidité pourraient ne pas y résister. "Les anciens dans le
village disent que cela leur rappelle 1956", avance Olivier Berrouet, à la direction technique du Château Pétrus à Pomerol. Février 1956, plus exactement. Cette année là, après deux mois d'un
hiver très doux, une vague de froid a saisi toute l'Europe occidentale, provoquant des dégâts énormes dans le vignoble, les plantations d'arbres fruitiers et d'oliviers. L'air froid est arrivé
par l'est et le thermomètre est descendu, en quelques heures, en-dessous de -15° degrés. Ce froid s'était finalement installé tout le mois de février 1956 (lire aussi). Les agriculteurs effarés entendaient leurs arbres éclater. Il aura fallu plusieurs décennies pour que la vallée du Rhône
s'en remette. En Bourgogne, la vente des vins de Hospices de Beaune 1956 avait été annulée : récolte trop médiocre et en trop faible quantité. Un tel scénario peut-il se reproduire ? Il reste de
longues journées hivernales avant de pourvoir l'écarter…
* J'ai fait cette semaine une petite infidélité à la Bourgogne pour rejoindre mes
camarades formateurs chez Prodégustation, leader du cours d'œnologie en France, pour lequel je collabore depuis quelques mois.
Photo : Les vignes du Château Grand Corbin Despagne à Saint-Emilion.
Par Laurent Gotti
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Vendredi 6 janvier 2012
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La machine à vendanger est désormais majoritaire en Bourgogne. Les vignes, elles aussi, gagnent du terrain. De même
la taille moyenne des exploitations a sensiblement augmenté. Trois enseignements marquants du dernier recensement agricole.
Le débat sur la machine à vendanger a animé l'année 2011 en Bourgogne. Les derniers chiffres vont apporter de l'eau au moulin des échanges : la machine à
vendanger est désormais majoritaire dans la région. La superficie récoltée mécaniquement a augmenté de 20% en 10 ans. Elle concerne maintenant plus de la moitié du vignoble : 55%, contre 49%
en 2000. Ce type de récolte est quasiment généralisé dans l’Yonne (Chablisien et Auxerrois) : 85% ; largement majoritaire et en forte progression en Saône-et-Loire (Mâconnais et Côte
chalonnaise) : 65% ; il reste très minoritaire en Côte-d’Or (Côte de Beaune et Côte de Nuits) : 21%. Ces derniers vignobles sont mêmes à contre-courant de la tendance
générale : ce chiffre était plus élevé et s’établissait à 22% en 2000.
Autre enseignement de ce recensement à souligner : la progression sensible de la taille moyenne des exploitations. Elle
était de 5,4 hectares en 2000, elle est de 7,6 hectares aujourd’hui. Le "small is beautiful" semble trouver ses limites avec l'augmentation des contrain tes d’exploitation et surtout de
commercialisation. Une exploitation sur cinq a disparu en dix ans (-19%). Sans surprise, la restructuration a profité aux exploitations les plus grandes. Les domaines de plus de 10 hectares
enregistrent une hausse de 23% de leur surface de vignes. La taille moyenne des exploitations bourguignonnes reste toutefois inférieure à celle constatée dans le reste de la France (9 ha).
Enfin, la superficie de vigne continue de progresser en Bourgogne. Elle a gagné 1 350 hectares en dix ans. Le gain a été
observé pour l’essentiel dans les vignobles du Chablisien et de l’Auxerrois. La Bourgogne compte dorénavant 31 500 hectares de vignes. Elle reste toutefois un petit vignoble à l’échelle française
: 3,8 % de la superficie nationale.
Source : Agreste
Par Laurent Gotti
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Samedi 31 décembre 2011
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12:58
Un peu d'humour pour finir l'année. L'humoriste Noëlle Perna évoque ses souvenirs bourguignons... Bonne année 2012
!
Par Laurent Gotti
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