Paolo Basso, meilleur sommelier du Monde, évoque son approche personnelle de la dégustation. C'est un brin iconoclaste…
"Quand je prends des notes de dégustation, c’est un peu une langue à part. Il faut encore que je
traduise dans une autre langue…" En préparant l'interview de Paolo Basso (à paraître dans Bourgogne Aujourd'hui de juin), je suis tombé sur cette phrase intriguante. A quoi s'apparente
donc une note de dégustation du meilleur sommelier du monde ? Je lui ai donc posé la question. Voici sa réponse :
"Le soir après une dégustation, il arrive que toutes vos notes se ressemblent… Mes notes vont surtout m'aider à me rappeler et à comprendre le vin en me relisant. Je ne fais pas le détail des petits arômes que j'ai ressenti. Je fais une "macro reconnaissance" : le vin est-il fruité ? Si oui est-ce un fruité frais, mur, surmuri, dominé par le bois ? Et si oui quel type de bois… En bouche, je me concentre beaucoup sur les saveurs. Je cherche des vins savoureux, harmonieux, persistants, plutôt que des vins qui sont ce que j'appelle des devoirs d'œnologue : riches, concentrés, extraits. Tout simplement parce que ce sont les vins qui se portent le mieux à table. La bouteille doit être terminée à la fin du repas."
J'adhère parfaitement à cette approche. Elle confirme qu'une dégustation efficace n'est pas un concours de lyrisme ou un
concours d'improvisation, version Djamel Debouze de l'œnologie. Il y a quelques jours encore, j'étais en cave avec des amateurs de passage en Bourgogne. Chacun était concentré à déterminer "les
petits arômes" dont parle Paolo Basso. Rien de tel, à mon avis, pour passer à côté de la qualité, ou non, d'un vin.
Personne pour évoquer une notion aussi importante que l'équilibre des saveurs, leur longueur en bouche… Aucune remarque sur la densité et
la qualité des tannins. Pas de commentaire non plus déterminer l'intensité et la complexité aromatique. Tout juste l'idée de convoquer un vocabulaire uniquement olfactif. Des termes certes imagé,
mais dont la pertinence est souvent parfaitement subjective et conditionnée par de très nombreux paramètres culturelles ou génétiques.
"Et votre bouche elle vous dit quoi ?" est-on tenté de clamer.
Bref, il y a encore un peu de pédagogie à mener autour de la dégustation, quelques bases à reprendre. Et quelques clichés à écorner aussi.
Une vidéo de Paolo Basso est à voir sur le tout nouveau site de Bourgogne Aujourd'hui. Le meilleur sommelier du monde nous fait part de ses sentiments après avoir décroché le titre après lequel il court depuis 13 ans… C'est ici.
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Il est l'heure de l'apéritif ce dimanche midi. Les verres sont sortis. La bouteille suit, mais sous "chaussette", histoire de goûter le vin à l'aveugle. Le nez est
frais, assez complexe, sur des notes d'agrumes (pamplemousse). Un sauvignon peut-être... En bouche, le vin s'affirme sur une texture assez ample, ronde. Puis très rapidement une forte amertume
vient gratter le fond du palais. La saveur persiste
L’information a rapidement fait le tour du vignoble. Et aussitôt suscitée l’indignation des producteurs chablisiens. Le mois
dernier, un supermarché d'Auxerre proposait un chablis village "vieilles vignes" à 5,45 €… Plus troublant encore, dans ces mêmes rayons les consommateurs pouvaient mettre un premier
cru Vaillons (millésime 2012 !) dans leurs caddys.