------ 365 jours en Bourgogne ------ Le blog de Laurent Gotti

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Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne (C)

9 Avril 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dictionnaire amoureux des vins de Bourgogne

C comme cave. « Ceux qui y rentraient ne savaient jamais quand ils en ressortiraient », s'amuse Jean-François Mestre, vigneron. Il évoque ainsi la cave de son beau-père, Bernard Michelot, figure du village de Meursault.
Une cave qui a vu passer des dizaines de nationalités confortant l’image d’une Bourgogne accueillante pour les amateurs de vins à « large soif ».

Avec plusieurs milliers de vignerons en « cave particulière », 400 négociants et une vingtaine de coopératives, nombreux sont les escaliers qui tendent les bras aux amoureux des vins en Bourgogne.

La plupart des caves bourguignonnes sont d’une simplicité monastique, quelques rangées de fûts sommeillants, dans la pénombre, entre des murs noircis par les moisissures. Souvent un simple tonneau réformé, placé debout, permet de poser son verre et d'aligner quelques bouteilles. Les cartes du vignoble accrochées aux murs agrémentent parfois la visite et illustrent les explications du maitre des lieux.

La cave bourguignonne est rarement un lieu d’ostentation. L’essentiel est là : la récolte qui n’attend plus qu’un « coup de pipette » à travers la bonde pour révéler les arômes et les saveurs de la cuvée prometteuse qui termine son élevage. On se déplace donc entre les fûts, dans un ordre savamment établi, de l’appellation la plus modeste jusqu’au saint-graal du domaine ou de la maison. La cave est donc le meilleur ami de l'amateur de vin en quête de trouvailles et de vignerons à personnalités affirmées. On peut que l'encourager à la fréquenter tant qu'il le peut.

Pourtant, les manuels sont catégoriques sur le lieu idéal pour bien déguster : un endroit correctement éclairé, une température ambiante d’environ 20°, pas d’odeur et des couleurs neutres. On ajoutera : l’absence de commentaires vous expliquant à tout bout de tonneau que vous goutez un excellent vin… Tout ce que n’est pas une cave !

Bref, si la cave est un lieu des plus fréquentables pour l’amateur de vins, ce dernier doit aussi veiller à garder un peu de lucidité au chaud au moment de remonter les marches, ou de sortir sa carte bleue…

 

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Dégustation spéciale millésime

2 Avril 2014 , Rédigé par Laurent Gotti

Muriel Bessard et son équipe de l'émission "Millésime" s’est penchée sur les concours et médailles. Elle a notamment suivi une dégustation « primeur » menée par Bourgogne Aujourd’hui (à 4’26 dans la vidéo). Suivre le lien...

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Image et notoriété : la Bourgogne décroche le pompon

25 Mars 2014 , Rédigé par Laurent Gotti

Les vins de Bourgogne virent en tête dans le cœur des français. Une étude auprès des consommateurs les place au-dessus de Bordeaux et de la Champagne.

La Bourgogne aurait-t-elle une tête de premier de la classe ? Oui, pour ses vins en tout cas. Ils sont notés 7,9 sur 10 par les consommateurs. C’est le résultat d’une étude de notoriété et d’image réalisée par CSA pour l’Interprofession des vins de Bourgogne. Une enquête « post test » menée après la campagne publicitaire 2013 (nouveaux visuels, photo ci-contre).
Cette note place les vins de Bourgogne en tête du classement des vignobles français. La Champagne est notée 7,8 et Bordeaux 7,5 sur 20.  L’année dernière, une étude du même type avait attribué la note de 7,5 à la Bourgogne (après la Champagne et à égalité avec Bordeaux). Derrière ce trio de tête, un trou s’est creusé. L’Alsace (7,1), les Côtes du Rhône (6,7), le Val de Loire (6,4), les Côtes de Provence (5,8), le Beaujolais (5,4), complètent le tableau.  

L’étude montre que les vignobles étrangers ont encore beaucoup de travail pour convaincre les consommateurs français. Le mieux noté, le Chili obtient 4,6 et l’Australie 4,4. La Californie et l’Afrique du Sud se positionnent entre les deux.  

Cette enquête a été effectuée en janvier 2014 auprès d’un échantillon de 724 consommateurs de vins âgés de 25 à 65 ans.

 

 

 

 

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Bordeaux-Bourgogne : la génétique jette un pavé dans la cuve

16 Mars 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #polémique

La génétique est décidément implacable. Le cabernet sauvignon, cépage roi du bordelais est un descendant d’une vigne emblématique bourguignonne. Ça va jazzer dans les rangs…

L’un fait le bonheur des grands châteaux du Médoc, et plus généralement des producteurs de rouges bordelais. Il est connu pour donner des vins colorés et robustes. L’autre s’épanouit sur la Côte de Nuits. En Bourgogne, on y vante sa finesse et sa subtilité.
Deux univers à eux seuls… Pourtant la génétique, jamais avare en surprise, est formelle : ils appartiennent à la même famille. Mieux, le bourguignon pinot noir (photo) est l’ancêtre du bordelais cabernet sauvignon !
Explications. La parenté du cabernet sauvignon a été découverte en 1997 : c’est un croisement naturel entre le cabernet franc et le sauvignon blanc. Les chercheurs on découvert plus tard que le sauvignon était un enfant du savagnin (cépage blanc que l’on rencontre dans le Jura). On sait aussi que le savagnin et le pinot noir sont liés par une relation parent-enfant (le sens de la filiation n’a pas pu être établi). CQFD : le pinot noir est soit un arrière-grand-père, soit un oncle du cabernet sauvignon !
Illustration sur le tableau (ci-dessous) réalisé par José Vouillamoz, chercheur en génétique (lire aussi ce billet). Il a mis en commun toutes les découvertes de ses collègues et établi un arbre généalogique reliant ces cépages. « Gageons que cela puisse créer une nouvelle fraternité entre Bordeaux et la Bourgogne ! », conclut le chercheur (Suisse).

 


 

Une interview de José Vouillamoz est à lire à la rubrique « Rencontre » de Bourgogne Aujourd’hui 117. A a paraitre le mois prochain en kiosque ou sur le site de la revue.
 

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Plainte en diffamation contre "Vinobusiness"

12 Mars 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Livre, #polémique

Hubert de Boüard, Château Angélus (Saint-Emilion), porte plainte pour diffamation contre Isabelle Saporta, auteure de Vino Business. Il fallait s'y attendre ! (lire l'article en lien ci-dessus)

Voici le communiqué :

"Au regard des informations erronées contenues dans le livre Vino Business, le propriétaire du Château Angélus a déposé plainte du chef de diffamation publique contre son auteure Isabelle Saporta et son éditeur. Dans le cadre du renouvellement du classement 2012 des crus de l’AOC Saint-Emilion grand cru, toutes les garanties ont été apportées pour assurer son impartialité : Le classement a été mené par des organismes certificateurs indépendants. La Commission du classement Saint-Emilion était constituée de personnalités expertes étrangères à ce terroir dont l’impartialité était garantie par une déclaration d’indépendance. Les critères d’évaluation et le système de notation figuraient dans le règlement. Ils étaient donc connus de tous, y compris des candidats.Le règlement de classement a été homologué par les ministères de l'Agriculture et de l'Economie, puis publié au Journal officiel. Autant d'éléments qui démontrent qu'Isabelle Saporta accuse dans son ouvrage, de manière totalement infondée, le propriétaire du Château Angélus."

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Le premier vigneron était une femme !

7 Mars 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Livre

José Vouillamoz est chercheur en génétique. Avec Patrick Mc Govern, archéologue, il a étudié les cépages destinés à faire du vin, ainsi que les origines de la culture de la vigne. Ils l’affirment : c’est une femme qui a inventé le vin…

José Vouillamoz (Wine Grapes)Un jour au néolithique, la période du nouvel âge de pierre (il y a environ 10 000 ans), une femme aurait eu l’idée d’aller cueillir des raisins. Elle a récolté suffisamment de grappes pour les stocker dans une crevasse ou dans un récipient. Sous le poids des fruits, un jus s’est écoulé, et les levures naturelles présentes sur les peaux des baies ont provoqué la fermentation. « Elle en aurait goûté, et a vu l’effet euphorisant du breuvage, elle n’aurait eu qu’une envie : le partager avec les autres et recommencer », avance José Vouillamoz.
Pourquoi « elle » !? « Les populations du néolithique étaient des chasseurs-cueilleurs. Les hommes étaient des chasseurs, les femmes étaient des cueilleuses », répond José Vouillamoz.
« L’idée lui serait venue en observant des oiseaux picorant frénétiquement des baies. La vigne est une liane qui vit à l’état sauvage dans des forêts où elle peut grimper sur un arbre. Arrivée au sommet, elle fait des fleurs, puis des fruits afin que la graine puisse être transportée par des oiseaux et perpétuer ainsi l’espèce. Cependant, les grappes de raisins sont difficiles d’accès et faibles d’un point vue nutritif, aussi cette activité ne justifiait-elle vraisemblablement pas de risquer de se casser la figure. »

L’étape suivante a donc été la domestication de la vigne. Avec elle la viticulture était née. Les deux chercheurs pensent même savoir où : en Mésopotamie. C’est là que les gènes des vignes sauvages et ceux des vignes domestiquées sont les plus proches.
Le premier vigneron, ou œnologue, était donc très probablement une femme !
« Oui, et elle s’est prise une cuite… Blague à part, cet événement n’a certainement pas été isolé, et plusieurs femmes ou plusieurs tribus ont pu faire la même découverte à des endroits et des moments différents », conclut José Vouillamoz.

 

José Vouillamoz et co-auteur d'un somme sur les Cépages, Wine Grapes (Allen Lane, 2012) avec Jancis Robinson MW et Julia Harding MW. Il est aussi l'objet de la rubrique « Rencontre » de Bourgogne Aujourd’hui 117. A découvrir le mois prochain en kiosque ou sur le site de la revue.

 

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Vino Business : la face sombre des grands crus

2 Mars 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Livre, #polémique

"Document explosif", "Dallas hexagonal", "coup bas" en pagaille, un livre explore l'arrière boutique des grands crus : Vino Business. Son auteur, Isabelle Saporta, met à mal quelques mythes. Un ouvrage qui laisse un arrière-goût rance...

Le monde des grands vins aurait-il réinventé la féodalité, l'abus de pouvoir et la spoliation en toute impunité. C'est ce qu'on serait tenté de conclure en renfermant Vino Business, le dernier livre d'Isabelle Saporta (auteur du Livre noir de l'agriculture en 2011). Une enquête passionnante dans les abîmes d'appellations phares du vignoble français et plus particulièrement bordelais.

Certaines figures du monde des vins de prestige sont copieusement écornées. De "grand fauves", c'est ainsi qu'Isabelle Saporta qualifie ces hommes qui ont mis la rive droite de Bordeaux (Saint-Emilion et Pomerol) en coupe réglée. Des châtelains qui s'arragent, entre amis, pour définir les règles à leur convenance : celles qui leur permettront de progresser dans la hiérachie (et de voir ainsi la valorisation de leurs propriétés doubler). Des intrigants aux bras longs, grenouillant dans les syndicats d'appellation et les instances de l'INAO pour faire main basse sur la terre, ou encore des conseillers, soi-disant en oenologie, qui monnaient à prix d'or leur influence auprès de la presse.

Le "scandale" du classement de 2012 à Saint-Emilion est un morceau de choix dans cette enquête. Le grand manitou de Saint-Emilion, Hubert de Boüard, traverse l'ouvrage comme un figure machiavélique, dévorée par l'ambition et le besoin de reconnaissance (sa propriété, Château Angélus a bénéficié d'un classement en premier grand cru classé A en 2012). Un châtelain aux moeurs bien moins raffinées que ses vins quand le gâteau se montre appétissant. Il s'est distribué "entre 300 et 500 millions d'euros en valorisation foncière" lors de la révision de ce classement, note Franck Dubourdieu. De quoi donner naissance à une région "survoltée par l'argent et les haines recuites".

L'ouvrage revient aussi sur l'omerta qui touche à l'utilisation de pesticides, à la difficulté de changer les mauvaises habitudes : les traitements par hélicoptère (en théorie interdits depuis 2010).

Vino Business dégonfle aussi la grande illusion chinoise, une bulle qui pourrait exploser à la figure des grandes marques dans les prochaines années, ou les prochains mois...

Certains chapitres sont un peu plus faibles. Celui sur les subventions européennes, versées à certaines luxueuses propriétés ou instances collectives. Le lecteur n'en sait guère plus du système et reste sur sa soif. Les pages consacrées aux produits utilisés en matière oenologie laissent perplexe également. La nuance entre l'excès et l'abstinence ne semble pas exister pour Isabelle Saporta. L'auteur prend peu de recul avec la mode des vins dits "natures".

Au final, ce pamphlet reconfortera les amateurs de grands bouteilles qui se sont détournés de ces châteaux prestigieux pour cause d'envolée des prix et de spéculation. Les autres seront confortés dans leur choix de se tourner vers quelques-uns de ces milliers d'artisans vignerons. Ceux-là dont la saine ambition est de vivre de leur travail et de contenter leurs clients...  

Editions Albin Michel, 19 €

 

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Une peine symbolique requise contre E.Giboulot

24 Février 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #polémique

Une peine symbolique requise contre Emmanuel Giboulot, vigneron de Beaune qui a refusé un traitement insecticide obligatoire l'été dernier. On peut regretter l'emballement médiatique, les positions radicales et les récupérations. Il a le mérite d'avoir porté le débat sur la place publique. C'est une bonne chose ! Notre environnement est un bien partagé. Il est temps que certains se le disent.

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Bourgogne Aujourd’hui passe les terroirs à la loupe

6 Février 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Bourgogne Aujourd'hui

Nuits-Saint-Georges, richebourg, romanée-saint-vivant, etc. des noms en forme de promesses pour les amateurs de grands vins rouges. Toujours plus proche de son (délicieux !) sujet d’étude, Bourgogne Aujourd’hui pose les pieds dans ces terroirs de prestige. Plus que jamais en profondeur...

En 20 ans, la Bourgogne a certainement davantage progressé dans la connaissance et la compréhension de ses terroirs qu’au cours des quelques siècles précédants. La science et la technologie offrent des moyens nouveaux : études géo-pédologiques, imagerie électrique, microbologie de sols, etc. Les viticulteurs vivent avec leur temps, et on ne s’en plaindra pas ! Rien ne remplace pour autant l’œil, la main, le contact régulier du vigneron avec sa vigne et ses vins.

Pour accompagner ce mouvement et satisfaire la curiosité des amateurs, toujours plus pointus eux aussi, Bourgogne Aujourd’hui a inauguré une nouvelle rubrique. Un focus sur certains terroirs des appellations dégustés (à l’aveugle) vient ainsi étayer nos pages. Cartes cadastrales en main, nous avons reconstitué le puzzle, posés sur le plan les noms des producteurs qui mettent en valeur chaque parcelle. Nous avons aussi demandé aux vignerons les plus emblématiques comment ils percoivent leurs terroirs, quels profils de vins ils s’y dessinent. C’est le cas par exemple du grand cru richebourg, voisin de la romanée-conti à Vosne-Romanée. Etienne Grivot (domaine Jean Grivot), s’enflamme quand il l’évoque ou reste muet dans une forme de recueillement au moment de le déguster. « C’est la première cuve que je vais voir le matin pendant les vinifications, confie le vigneron. Il ne se déguste pas seulement, je m’en imprègne. (…) Le richebourg exprime une force invraisemblable mais il ne la montre jamais avec brutalité ». Etienne Grivot poursuit en filant la métaphore :  « Il me donne l’impression d’une promenade dans un marché oriental, avec ces effluves d’épices mais aussi ces mouvements d’étoffes. Des tissus qui m’évoquent le toucher en bouche. J’ai la sensation d’un phénomène de lévitation ».

Les richebourg 2007 et 2012, dégustés au domaine en janvier dernier sont des modèles de raffinement et d’harmonie.

Ces focus sont aussi l’occasion de revenir sur la toponymie, l’origine de ces noms de climats. Nous avons également fait ces recherches sur le premier de Nuits-Saint-Georges Les Vaucrains, un archétype des vins de Nuits, corpulent, solide et de garde. Mais aussi le Vougeot premier cru Les Cras.

Vous trouverez, plus classiquement, nos sélections des meileurs Nuits-Saint-Georges, Vosne-Romanée et Clos de Vougeot du millésime 2011 dans ce numéro.

Autre nouveauté, Bourgogne Aujourd’hui a aussi pris (un peu) de large. Une dégustation des grands crus alsaciens, millésimes 2009 et 2010, y est à découvrir : une superbe Schlossberg « Cuvée Sainte Catherine » 2010 des sœurs Faller remporte la palme. Sélection qui vient illustrer une enquête sur la minéralité dans les vins d’Alsace (nous y reviendrons dans ce blog).

A lire l’interview de Jacques Dupont, journaliste (Le Point) en colère. Il s’insurge contre la façon dont est traité le vin en France par les « hygiénistes ».

A découvrir également un retour, 5 ans plus tard, sur le millésime 2009. Avec, là aussi, une sélection des meilleures bouteilles (Anne Gros, Harmand-Geoffroy ou encore Comtes Lafon ont fait merveilles).

Et beaucoup d’autres articles à lire et à déguster…

En kiosque 6 €  ou sur le site de Bourgogne Aujourd'hui.

 

 

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Dégustation Bourgogne Aujourd'hui à Paris, le 10 février

3 Février 2014 , Rédigé par Laurent Gotti

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