------ 365 jours en Bourgogne ------ Le blog de Laurent Gotti

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Un terroir un peu Bâtard…

21 Novembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Grand cru, #polémique

Ce billet pourrait aussi s’appeler : La Bâtard-Montrachet, Michel Bettane et les "terroiristes"...

« Peu de sujets concernant le vin enflamment ou abrutissent autant les esprits que le couple vin et terroir. Les « terroiristes » me font penser aux talmudistes qui inlassablement essaient de rationaliser ce qui relève du mystère ou de la foi, ce qui est peut être utile sur le plan moral et philosophique mais n’a aucun sens en matière de plaisir et de goût, et encore moins d’agriculture, malgré le mot culture ». Voilà ce qu’écrivait Michel Bettane, il y a quelques semaines, sur le site mybettanedessauve.fr

Je ne sais pas si je suis un « terroiriste », mais il est certain que ma longue expérience de la Bourgogne n’incline à porter une grande considération au terroir. Je reste avant tout journaliste : curiosité et scepticisme sont mes deux moteurs. Un mélange de volonté de comprendre et de sagesse qui enseigne qu'il n'y a pas de vérité. Ou qu'elle est inaccessible. L'étude des terroirs est une excellente école de journalisme...

Voici un cas d’école. Je viens de boucler, pour la revue Bourgogne Aujourd’hui, un long travail sur le terroir du Bâtard-Montrachet, fameux grand cru de la Côte de Beaune.

J’ai notamment fait appel à l’expertise d’une géologue. Elle explique qu’il existe deux entités distinctes dans le Bâtard-Montrachet. Le tiers Ouest repose sur du calcaire du Jurassique. Une roche composée des débris de coquillages qui se délitent en dalle : de minces laves (Pierre de Ladoix). Les deux tiers restant, à l’Est, sont composés de dépôts limoneux fins datant du Pliocène. Les terres y sont épaisses voir très épaisses. La vigne n’a pas besoin de faire descendre ses racines très loin pour trouver ce dont elle a besoin.

Pour faire simple les deux tiers du Bâtard-Montrachet sont constitués d’une terre identique à celle de la plaine de la Bresse, là où sont reléguées les appellations régionales (l’entrée de gamme en Bourgogne)…

Pente peu marquée, pied de coteau, terre riche, etc. A priori, le Bâtard-Montrachet n’a pas le profil idéal d’un grand cru…

Pour autant, la plupart des vignerons interrogés parlent d’un terroir qui ressuie bien, se travaille facilement, produisant un vin qui digère sans problème le 100% fût neuf (comme aux Hospices de Beaune). Sa puissance n’a rien de légendaire. « Comme on dit familièrement, c’est un vin qui envoie », s’amuse Pierre Vincent, le régisseur du domaine de la Vougeraie.
Aucun critique n’oserait prétendre que le Bâtard-Montrachet n’est pas un grand cru. Je n’ai en tout cas jamais rien lu de tel.

Il vieillit aussi très bien. La dégustation verticale menée avec Anne Morey (Domaine Pierre Morey à Meursault) me l'a confirmé : les millésimes 2011, 2009, 2005 et 1977 étaient superbes avec ce caractère presque tannique qui pourrait, à l’aveugle, laisser penser à des vins rouges...

Questionnée par la géologie, mais confortée par l’expérience gustative, ma « foi » dans le terroir demeure donc.

Faut-il en faire une religion ? Peut-être pas. Mais comme le disait Brillat-Savarin à propos de l’opposition Bordeaux-Bourgogne : « C’est un procès dont j’ai tant de plaisir à visiter les pièces que j’ajourne toujours à huitaine la prononciation de l’arrêt ».

 

Photo : Les grands crus de Puligny-Montrachet pris du Chevalier-Montrachet (le Bâtard est au niveau de la maisonnette rose).

* Sur ce thème lire aussi ce billet sur les vins de Volnay et de Gevrey-Chambertin.

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Vente des Hospices de Beaune : Une décennie dorée

17 Novembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune, #millésime 2014

Les Hospices de Beaune ont battu un nouveau record hier. Au cours des dix dernières éditions, la fameuse vente a connu des hausses à huit reprises et repoussé ses frontières.
C’est un nouveau record. Et à vrai dire, cela ne surprend quasiment plus personne. La 154e vente aux enchères des Hospices de Beaune s’est soldée sur un chiffre d’affaires de 7,3 millions d’euros (contre 5,8 l’année dernière). Le prix moyen des vins est en hausse de 5,52 %. Les blancs ont surtout tirés les enchères à la hausse (+14%).
Le choix de confier le marteau à Christie’s est, s’il le fallait, validé (lire ici). On a vu, cette année encore, les enchères portées par une demande étrangère vigoureuse.
La pièce de Charité a été acquise par un groupe d’amis québécois et la maison Albert Bichot (Beaune) pour 220 000 euros sous les yeux d’Adriana Karembeu, Teddy Riner et Michel Drucker.
Ces dix dernières éditions, le record de la pièce de charité aura donc été pulvérisé en 2010 (400 000 € sous la présidence mémorable de Fabrice Luchini), le chiffre d’affaires battu, ou approché de peu, à trois reprises. Reste à dépasser le nombre de hausses consécutives atteint dans les années 1980 : 5 résultats positifs de 1981 à 1985 (cette dernière se soldant sur un +80% !). C’était l’époque où André Boisseaux, le charismatique PDG de la Maison Patriarche avait pris les commandes de la vente…

Toute la difficulté pour la région va être maintenant de communiquer intelligemment auprès de clients déjà malmenés par des hausses de prix répétitives, et très conséquentes, depuis 2010. Il faudra aux metteurs en marché bourguignons faire passer ce message : la vente des vins des Hospices n’est plus significative des tendances globales de la région. « Le thermomètre est cassé », déclarait Anthony Hanson, responsable vins chez Christie’s avant la vente. Mieux vaut prévenir !
Certes, les Hospices de Beaune n'ont pas pour vocation de déterminer les cours de l'ensemble des vins de Bourgogne, mais il est assez rare que la tendance de la vente soit démentie sur la suite des transactions entre la viticulture et le négoce...

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Hospices de Beaune et Christie's : Stop ou encore ?

7 Novembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune, #polémique

Dans moins de dix jours, le 16 novembre prochain, Christie’s fêtera sa dixième édition au marteau de la vente aux enchères des Hospices de Beaune. Evenement redynamisé pour certains. Vente aseptisé, banalisé pour d’autres. Le bilan de Christie’s fait débat…

 

Plus de 27 euros par bouteille ! En prenant de (gros) raccourcis, ce chiffre quantifie « l’effet Christie’s ». Il en coûte aujourd’hui un prix moyen de 43,5 euros pour se procurer aux enchères une bouteille des Hospices de Beaune*. En 2005, ce prix s’établissait à seulement 16 euros…
Cette dernière date marque évidemment l’arrivée de Christie’s à la tribune des Hospices de Beaune.
Continuons de compter les points. Sur les neufs dernières éditions de la vente aux enchères des Hospices de Beaune, sept se sont soldées par une hausse. Deux seulement par une baisse (2008 et 2011). L’année dernière, la vente battait un nouveau record de chiffre d’affaires atteignant presque 5,8 millions d’euros pour un prix moyen de la pièce (fût de 228 litres) de plus de 13 000 euros.

S’il l’on s’en tient aux objectifs poursuivis par la direction des Hospices de Beaune lorsqu’elle décida de rebattre les cartes, le but est atteint. « Refaire de la vente un évènement de dimension internationale. ». L’influence asiatique sur la dernière édition a fourni une excellente confirmation. Une nouvelle page de l’histoire des Hospices s’est bien ouverte en 2005.

Evidemment, ces chiffres sont à prendre avec des pincettes. Ils ne tiennent pas compte du contexte dans lequel évolue la Bourgogne depuis plusieurs années. Avec ou sans Christie’s, la Bourgogne connait un engouement des marchés asiatiques. Plus généralement, la Bourgogne jouit d’une cote qui rarement aura été aussi élevée sur tous les marchés. Avec ou sans Christie’s, les petites récoltes successives ont largement contribué à faire flamber les prix.

Quant aux investissements réalisés pour garantir une qualité optimale des cuvées (et donc leur attractivité), ils ont été engagés bien avant Christie’s (lire le dossier de Bourgogne Aujourd’hui n°114).

Les Hospices de Beaune ont toujours été une caisse de résonnance des phénomènes qui touchent la région (comme raconté dans ce livre).

Christie's et les Hospices de Beaune, le débat n'est donc pas clos. Et des réticences perdurent. Développement des acheteurs par téléphone ou internet, abandon des enchères à la bougie, etc., certaines spécificités de la fameuse vente de Beaune version Christie’s ont pâtie de cette nouvelle ère, plus virtuelle. Louis-Fabrice Latour, alors qu’il était à la tête de l’Union du négoce bourguignon, à plusieurs fois affirmé que la vente des Hospices devait aussi rester un événement local. « Les acheteurs doivent continuer à découvrir la Bourgogne et la vente in situ », affirmait-il en substance.

Franck Bassoleil, journaliste au quotidien de Côte-d’Or, Le Bien Public, a suivi sa première vente en 1990. Lui non plus ne voit pas que du positif aux évolutions récentes. « Christie’s a effectué un travail de fond évident, reconnait-il. Mais, point négatif, la vente est plus opaque qu’auparavant. On ne connait plus les noms des acheteurs. Pour les professionnels, c’est un point important. De même, la vente de la pièce de charité est bâclée. Je ne pense pas que Christie’s fasse tout ce qu’elle pourrait pour faire venir des grandes vedettes internationales. »

Sa conclusion n'est pas tendre : « Il ne faudrait pas aller plus loin dans l’appropriation de la vente par Christie’s, sinon ce ne serait plus la vente des Hospices de Beaune mais une vente de Christie’s parmi d’autres ».

En attendant, fort de résultats convaincants, la maison peut afficher un ronflant « Hospices de Beaune by Christie’s » sur le catalogue de la vente.


*Il faut rajouter les frais de vente, d’élevage et de mise en bouteille pour obtenir le prix final déboursé par l’acheteur.

 

Lire l’analyse complète dans le prochain Bourgogne Aujourd'hui (n°120) en kiosque la semaine prochaine.

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Hubert de Montille : L'esprit en liberté

2 Novembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #polémique

A l'occasion d'une interview pour Bourgogne Aujourd’hui*, Hubert de Montille, décédé ce 1er novembre, me confiait quelques souvenirs. Premières vinifications (1947 !) et autres anecdotes dont il avait le secret…

Orphelin de père à 5 ans, Hubert de Montille a vinifié ses premiers vins à 17 ans, par la force des circonstances. Millésime : 1947 (resté dans toutes les mémoires). C’est son oncle qui s’occupait alors du domaine de Volnay.

« J'ai fait mes premières vendanges en 1947. Ma tante venait de mettre au monde un enfant. Mon oncle allait voir sa femme à la maternité. J'ai dû vinifier. C'est comme cela que j'ai fait mon premier vin. Ce n'était pas trop mal réussi. J'ai partagé ma dernière bouteille avec Jacques Lameloise pour ses 40 ans. Ma tante s'est quand même fait engueuler par ma grand-mère maternelle : « On n'a pas idée de faire un gosse pendant les vendanges !».

Pourtant, Hubert de Montille est attiré par la carrière d’avocat. Carrière marquée par quelques affaires fameuses. Il défendra François Faiveley (producteur de Nuits-Saint-Georges) contre Robert Parker, après des écrits diffamants à l'encontre du Bourguignon. Il plaidera dans la sombre histoire du petit Grégory (comme défenseur de Bernard Laroche). Episode qui lui vaudra un infarctus. Il sera également impliqué dans la scission de la Romanée-Conti.

« Cela m'aurait manqué de ne pas avoir parallèlement mené une carrière d'avocat. Un centre d'intérêt unique, c'est un peu réducteur. La semaine je plaidais, les clients du domaine savaient qu'on pouvait voir de Montille à partir du samedi matin ».

Ils portent un regard bien à lui sur les évolutions du métier de vigneron. Quel a été le fait marquant dans ce domaine pendant sa carrière ?

« L'avènement du tracteur. Un bonhomme, vous lui mettez un moteur dans les pattes, ça pétarade, il est content. Les ceps faut les comprendre, les cultiver, les tailler, évasiver, etc. Le moteur et le fait d'être assis dans le tracteur, vous ne voyez plus de la même manière. Plus généralement, on s'est trop axé sur les moyens mécaniques, le scientisme. Nous avons commis des erreurs que l'on continue à payer. J'ai une culture littéraire et de juriste. Une culture du doute. Celui qui a une formation scientifique, on le gonfle déjà au départ en lui disant : "Tu es le plus beau, le plus fort". Il ne s'interroge plus. Quand un scientifique fait une découverte, il croit toujours que personne n'a découvert cela avant lui. Et il se trompe souvent ».

Dernière pirouette d’une carrière décidément hors norme, Hubert de Montille monte les marches du Festival de Cannes 2004 pour la présentation de Mondovino (de Jonathan Nossiter). Dans le film, il est le représentant de la culture européenne contre le vin mainstream façon Parker.

« L'idée de base est honnête et sérieuse. [Parker] dit : "Vos histoires de châteaux, de tableaux dans votre salon, je n'en ai rien à foutre ! Je suis le fils d'un fermier du Middle West, ce qui compte pour moi, c'est ce que je bois. Ce n'est pas de savoir d'où cela sort. Ca me plait ou ça ne me plait pas."
Seulement Parker n'a pas voulu voir que ce qu'il aimait était subjectif. C'est un Américain, il aime le sucré, la vanille, etc. Tout ce que moi je déteste. Moi je dis : je veux bien vous vendre du vin, si vous l'aimez. Vous avez le droit de ne pas l'aimer. J'ai le droit de faire le vin que j'aime. Faire le vin que vous aimez, j'en ai rien à foutre. Comme Parker se fout de l'origine, des châteaux...
»

 

* Interview parue dans BA 63 avril-mai 2005 : Lire en intégralité ici.

 

Ci-dessous la bande annonce de Mondovino.

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Passage de témoin au Clos de Tart

30 Octobre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Grand cru, #Livre

Régisseur du Clos de Tart depuis 1995, Sylvain Pitiot, bientôt âgé de 65 ans, prend sa retraite à la fin de l’année. Jacques Devauges lui succède à la tête de ce fleuron de la Côte de Nuits.
 

Pendant quasiment deux décennies, il a incarné le renouveau du Clos de Tart, Sylvain Pitiot passe le témoin. Avec Didier Mommessin, président de la société propriétaire de ce grand cru de Morey-Saint-Denis, il a désigné Jacques Devauges pour lui succéder.

Actuellement directeur technique du Domaine de l’Arlot à Prémeaux-Prissey, Jacques Devauges, 39 ans, est œnologue (diplôme national d’œnologue de l’Université de Bourgogne) et titulaire d’une licence des Sciences de la Vigne. Ses précédentes expériences l’ont conduit au Château Potelle (Napa Valley), au Domaine de la Vougeraie (Nuits-Saint-Georges) ou encore chez Michel & Frédéric Magnien (Morey-Saint-Denis).
Jacques Devauges prendra ses nouvelles fonctions en janvier prochain aux côtés de Sylvain Pitiot pendant 3 mois. Ce dernier assurera une mission de consulting jusqu’aux vinifications du millésime 2015.

« C’est avec une grande sérénité que je vais passer les rênes à Jacques Devauges, persuadé qu’il va porter encore plus haut la qualité des vins de ce magnifique domaine que j’ai eu l’honneur et le privilège de diriger pendant une vingtaine d’années avec la confiance de la famille Mommessin », expose Sylvain Pitiot.

Il fait un bilan de son travail au Clos de Tart dans la vidéo ci-dessous.

Le Clos de Tart, vignoble ayant appartenu aux sœurs cisterciennes de l’Abbaye de Tart (près de Dijon) pendant sept siècles, est un grand cru monopole de 7,5 hectares (voir une vidéo tournée en 2011 ici).

Sylvain Pitiot boucle donc une longue carrière au cours de laquelle il a notamment été vigneron des Hospices de Beaune pendant 13 ans. Ingénieur-topographe de formation, il s'est reconverti dans la viticulture après des vendanges au domaine Jacques Prieur à Meursault.
On lui doit aussi les fameuses cartes viticoles des Côtes de Beaune et de Nuits, un ouvrage sur les Climats et lieux-dits de Bourgogne (lire ici) et aussi l’actualisation et l’enrichissement du livre Les Vins de Bourgogne (14e édition) né sous la plume de Pierre Poupon en 1952 (lire ici).

Interview de Sylvain Pitiot. Bilan de son action au Clos de Tart.

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Le palmarès 2014 des cuvées des Hospices de Beaune

26 Octobre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #millésime 2014, #Hospices de Beaune, #Dégustation

Pour la sixième année, mes notations et enseignements après dégustation des 46 cuvées 2014 des Hospices de Beaune. Elles seront en vente le 16 novembre prochain.

 


La note maximale est ++++


Les rouges

Impressions générales : La série de rouges présente un bon niveau d’ensemble. Les cuvées de Savigny, Monthelie, Corton, et dans une moindre mesure de Pommard sont, à quelques exceptions, près dignes d’un beau millésime. Les vins présentent un profil plutôt flatteur, sur des tannins fins. Les fruités privilégient la fraîcheur sans pour autant dénoter de caractère végétal.
Les choix de Roland Masse et de son équipe n’y sont pas étrangers. Il a été décidé de vendanger relativement tôt pour préserver un bon état sanitaire des raisins. En cave, les raisins ont été totalement égrappés, les pigeages moins soutenus que d’autres années et une partie des vins de presse laissés de côté. Autant d’options qui évitent d’extraire des tannins rugueux et de durcir les vins. La série de Beaune est plus laborieuse, la grêle a en effet fortement touchée le secteur sud de l’appellation. Les vignes ne s’en sont pas complètement remises.

 

Mes coups de cœur : Savigny-lès-Beaune premier cru Forneret, Beaune premier cru Nicolas Rolin, Pommard Suzanne Chaudron, Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol, Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter, Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon.

 

Santenay Christine Friedberg ++
D’une densité moyenne, se vin se montre toutefois expressif au nez et flatteur en bouche.

Pernand-Vergelesses Rameau-Lamarosse +++
Une bonne surprise car les maturités sont parfois délicates à obtenir dans ce secteur de la Côte de Beaune. Ce vin se montre croquant, gourmand comme un fruit mûr.

Savigny-lès-Beaune premier cru Fouquerand ++(+)
Des notes de petits fruits rouges au nez. La bouche est fraîche, plutôt étoffé mais les tannins sont un peu rugueux en finale.

Savigny-lès-Beaune premier cru Arthur Girard +++
Un savigny comme on les apprécie : les nez se fait précis et frais, il « pinote » bien. Les tannins sont souples et fins. Un vin déjà très plaisant.

Savigny-lès-Beaune premier cru Forneret ++++
Cette cuvée, de près de 2 ha, est pour ce millésime mono-terroir. Les Hospices ont en effet récupéré cette année des vignes sur le climat Les Vergelesses. Elles étaient confiées en location ces dernières années. Les vignes de Gravains (autre climat du nord de Savigny) qui composent habituellement la cuvée ont été reversées dans la cuvée Fouquerand. Les Vergelesses jouent donc en solo, avec réussite. Le vin se montre dense, profond, avec juste ce qu’il faut de fermeté des tannins pour lui assurer un bel avenir. Le nez s’exprime sur des notes de fruits noirs.

Monthelie premier cru Lebelin +++
Une cuvée bien représentative de ce début série : les tannins sont bien mûrs, souples. Plus surprenant, ce monthelie montre aussi de l’ampleur et de la puissance. Un séducteur…

Auxey-Duresses premier cru Boillot ++++
Le nez est d’une remarquable finesse, sur des notes florale (violette, pivoine). La bouche se montre charnue, profonde, mais les tannins sont un peu fermes à ce stade.

Beaune premier cru Cyrot-Chaudron +
C’est le retour de cette cuvée à la vente après les dégâts causés par la grêle en 2013. Malheureusement le boisé domine et le vin peine à s’exprimer pour l’heure.

Beaune premier cru Maurice Drouhin ++
On gagne nettement en intensité et en profondeur sur cette cuvée. Le nez exprime des notes de fruits noirs mûrs Les tannins s’affirment avec une pointe d’austérité. Le potentiel est là.

Beaune premier cru Brunet
Un problème d’échantillon sur cette cuvée. Le vin propose des notes oxydatives…

Beaune Grèves premier cru Pierre Floquet ++
Le nez se présente avec une belle intensité et de l’élégance (des notes à la fois fruité et floral). La bouche est solide (des tannins fermes) et d’une belle longueur.

Beaune premier cru Clos des Avaux ++(+)
Avec une belle présence et de l’intensité en bouche, ce vin fait partie de belle réussite de l’appellation dans un secteur pourtant touchée par la grêle. Une bonne base.

Beaune premier cru Rousseau-Deslandes +++
L’aromatique est marqué par une touché de torréfaction mais le fruit n’est pas loin derrière. En bouche, l’intensité et l’équilibre sont là. Une réussite.

Beaune premier cru Dames Hospitalières +
Un vin compact et sévère. La finale est légèrement asséchante. Récalcitrant de bout en bout.

Beaune premier cru Guigone de Salins +
Cette cuvée, au nom de la co-fondatrice des Hospices de Beaune, a été amputé de son terroir le plus qualitatif (Les Bressandes) pour cause de grêle. Malheureusement le « préjudice » se confirme. Le vin manque de relief en bouche, les tannins sont aussi un peu rustiques.

Beaune premier cru Nicolas Rolin ++++
La cuvée du fondateur des Hospices de Beaune était incontestablement l’une des grandes réussites du millésime 2013. Et sans doute l’une des bonnes affaires de la vente… La qualité est à nouveau au rendez-vous cette année. Cette cuvée présente beaucoup d’ampleur en bouche, sur des tannins solides mais sans aspérité. Sa belle longueur en bouche, confirme la grande tenue de sa texture. Un vin dense et complet.

Volnay premier cru Général Muteau ++
Une première cuvée de volnay marqué par les fruits noirs (cassis, mûr) et la réglisse. Un boisé qui demande à se fondre se fait sentir en bouche. Difficile de s’emballer à ce stade.

Volnay premier cru Blondeau +(+)
Un volnay un peu carré et austère. La persistance d’un peu de gaz n’aide pas non plus à lui trouver de l’harmonie.

Volnay premier cru Santenots Jehan de Massol +++
Un grand classique des Hospices de Beaune en rouge. Idéalement situé dans le climat des Santenots, l’un des plus qualitatifs de la Côte de Beaune en rouge, il exprime une nouvelle fois son opulence, sa richesse avec beaucoup de classe. Les tannins sont fondus et la finale est fraîche et précise.

Volnay premier cru Santenots Gauvain ++
Il y a une classe d’écart entre les deux Santenots des Hospices cette année. Moins bien placé et aussi planté avec un matériel végétal moins qualitatifs (cela compte beaucoup les années compliquées), la cuvée est nettement moins à son avantage. Les vins est anguleux sur des tannins un peu durs. Il ne manque pas d’un certain fond pour autant…

Pommard Suzanne Chaudron ++++
Cette cuvée a rejoint le domaine des Hospices de Beaune lors du fameux leg de Raymond Cyrot et Suzanne Chaudron en 1979. Issue essentiellement de terroirs classés en appellation village elle figure de challenger ici. Relativement épargnée par la grêle, elle séduit par ses tannins flatteurs, sa gourmandise. Une rondeur qui ne la quitte pas, de l’attaque en bouche à la finale. Une belle surprise.

Pommard Raymond Cyrot +++(+)
Avec ses tannins souples et ronds, ce pommard fait bien la pair avec la cuvée "Chaudron". Un caractère croquant qui se prolonge bien en bouche (belle longueur). Le nez évoque la gelée de mûr.

Pommard Billardet
Une autre des cuvées largement touchée par la grêle l’an dernier et qui refait son apparition. Le vin semble tout juste sorti de la cuve, marqué par la présence de gaz. Difficile à évaluer…

Pommard premier cru Dames de la Charité ++
Le nez est précis, net. La bouche montre peu de volume. Il semble toutefois évoluer dans le bon sens explique Roland Masse. A revoir donc.

Pommard premier cru Epenots Dom Goblet ++
Une cuvée plutôt frustrante lors de nos visites régulières aux Hospices. Le terroir est qualitatif mais le vin manque un peu de relief et d’ampleur pour convaincre tout à fait. La longueur est pourtant là.

Corton grand cru Charlotte Dumay +++
Des notes complexes, épicées et fruitées, dominent le nez. En bouche, la matière est bien concentrés et les tannins assez fins. Un vin d’une certaine droiture.

Corton grand cru Docteur Peste ++
Un corton qui manque un peu de muscle, de fond, pour prétendre rivaliser avec les autres cuvées de corton qui l’encadre. L’ensemble n’est pas sans charme ni longueur pour autant. Mais le scepticisme l’emporte pour l’heure…

Corton Clos du Roi grand cru Baronne du Baÿ ++++
Au Royaume des corton des Hospices, le Clos du Roi est solidement assis sur son trône. Il domine d’une bonne tête les autres cuvées produites sur ce secteur par l’institution beaunoise. Un corton qui n’a même rien à envier à un grand cru de la Côte de Nuits. Il occupe un volume impressionnant en bouche. Les tannins sont remarquablement racés. La finale est longue. Vraiment royal.

Echezeaux grand cru Jean-Luc Bissey +
Le nez est fin, floral, avec cette élégance que l’on rencontre sur des grands vins de la Côte de Nuits. Une promesse que la bouche ne tient pas. Elle est fluide, courte.


Clos de la Roche grand cru Cyrot-Chaudron et Georges Kritter ++++
Déjà remarquable l’année dernière, le Clos de la Roche semble avoir trouvé son rythme de croisière depuis quelques années aux Hospices de Beaune. Au nez, l’aromatique est d’une grande intensité sur le fruit mûr. L’ampleur, la netteté et la consistance des tannins se déploient en bouche avec harmonie et cohérence.

Mazis-Chambertin grand cru Madeleine Collignon +++
Le mazis-chambertin déçoit rarement. A vrai dire nous ne l’avons même jamais vu faillir à son statut de grand cru. Il a trouvé ici un bon sparing partner en la personne du Clos de la Roche. Mais la finesse de ses tannins, la classe de sa texture et sa complexité aromatique font une nouvelle merveille. Un grand vin.

 

Les blancs

Impressions générales : Comme en rouge, la problématique grêle est l’une des clés du millésime. Pratiquement épargnés les vignes du nord de la côte de Beaune ont pu faire mûrir leurs raisins sans aléas (Corton-Vergennes, Corton Charlemagne, etc .). On y trouve des belles cuvées avec beaucoup de fond et un équilibre très prometteur. Beaucoup de terroirs de Meursault ne peuvent malheureusement pas en dire autant. On notera aussi qu’une nouvelle cuvée de blanc a fait son apparition : un beaune premier cru blanc (cuvée « Suzanne et Raymond »). Elle est issue d’une parcelle située sur le climat les Montrevenots replantée en chardonnay. Avant cette replantation, cette dernière entrait dans la cuvée de beaune premier cru « Cyrot-Chaudron » rouge.

 

Mes coups de cœur : Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault, Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson, Corton-Charlemagne grand cru François de Salins

 

Saint-Romain Joseph Menault
Un vin vif, citronné avec peu de volume. Vendangé un peu trop tôt. Souhaitons que la fermentation malolactique et les lies l’assouplissent.

Pouilly-Fuissé Françoise Poisard +++
Le nez évoque un fruit bien mûr. La bouche est tout en rondeur et onctuosité. Tout à fait l’opposé du Saint-Romain. L’élevage en demi-muid donne rend le boisé discret.

Beaune Les Montrevenots Suzanne et Raymond +++
C’est une première pour cette cuvée, issue d’une replantation de vignes sur le climat les Montrevenots. Un climat de haut de coteau, au sud de l’appellation. Le vin montre une belle consistance, de l’équilibre et une finale fraîche. Une réussite.

Meursault Loppin ++
Sur un profil gourmand, souple, ce meursault manque un peu de tonus et de complexité pour prétendre une notation plus favorable.

Meursault Goureau
Le nez évoque une touche de champignon de Paris. La bouche montre peu de concentration. Mauvaise passe ?

Meursault-Porusots premier cru Jéhan Humblot ++++
« Minéralité, finesse, race », écrivions nous l’an dernier. Des traits de caractère que l’on retrouve sur cette cuvée cette année. L’emprunte de ce terroir semble se jouer des aléas climatiques.

Meursault-Genevrières premier cru Baudot ++(+)
Un vin, frais, délicat. Une cuvée qui se montre peu expansive pour l’heure. La base semble plutôt prometteuse. A suivre.

Meursault-Genevrières premier cru Philippe Le Bon ++++
Beaucoup plus de fond et de concentration que la cuvée Baudot. Cette cuvée des références en blanc aux Hospices de Beaune tient ses promesses, dans un millésime où la grêle a fait des dégâts dans ce secteur.…

Meursault-Charmes premier cru Bahèzre de Lanlay +++(+)
Un meursault plutôt austère mais d’une belle précision en bouche comme au nez. Là aussi cette base semble promise à une belle évolution en cours d’élevage.


Meursault-Charmes premier cru Albert Grivault ++++
La cuvée de Genevrières Philippe Le Bon est généralement la tête d’affiche des blancs de Meursault aux Hospices. Sur ce terroir, relativement épargné par la grêle, « Albert Grivault » nous semble un ton au-dessus. Le vin est présente un remarquable équilibre, mais aussi beaucoup de fond et de concentration. Coupe de cœur.

Corton-Vergennes grand cru Paul Chanson ++(+)
Avec son expression aromatique intense, aux notes suaves, presque exotiques, on retrouve dans ce Vergennes ce qui en fait une cuvée singulière. La bouche déploie une matière, onctueuse, gourmande. La finale est longue et net. Un futur vin de plaisir.

Corton-Charlemagne grand cru Roi soleil ++
Le nez présente des notes d’agrumes. La bouche est pure et nette mais de demi-corps Un potentiel qui méritera d’être confirmé…

Corton-Charlemagne grand cru François de Salins ++++
Le profil inverse du Corton Vergennes dégusté précédemment… Exposition, situation, géologie, c’est aussi un tout autre terroir. Minéralité du Charlemagne versus puissance du Vergennes. En bouche cette cuvée est en effet droite, pure, cristalline. Un caractère sans doute moins consensuelle, mais d’une grande race. Comme celle que peut exprimer les vins de ce secteur lorsqu’ils sont accompagnés avec soin.

Bâtard-Montrachet grand cru Dames de Flandres ++++
Ce terroir est réputé pour donner les vins plus plus puissants de la Côte de Beaune. Les vieilles vignes de la parcelle des Hospices, livrant de petits raisins concentrés, accentuent encore ce caractère. La bouche est donc très dense, profonde, presque tannique. La carrure d’un grand vin de garde.

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Une femme à la tête des Hospices de Beaune

16 Octobre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Hospices de Beaune

La jeune œnologue, Ludivine Griveau, 36 ans, va devenir la première femme à prendre la tête du fameux domaine bourguignon.

« Mon père m’a dit que depuis Guigone de Salins (co-fondatrice des Hospices de Beaune en 1443), il n’y a pas eu beaucoup de femmes à la tête des Hospices de Beaune », s’amuse Ludivine Griveau.
A 36 ans, elle va immanquablement marquer l’histoire des Hospices de Beaune.
Elle deviendra, début 2015, la première femme à diriger le domaine et vinifier les vins de l’institution beaunoise.

« Ma priorité sera de pérenniser les efforts réalisés par Roland Masse (Ndlr : l'actuel régisseur). Je le connais depuis plusieurs années : nous avons la même vision du travail sur beaucoup de points. Il n’y aura pas de révolution. Dans un premier temps je vais m’imprégner du poste, des terroirs et prendre contact avec les vignerons. »

Ludivine Griveau est œnologue de la maison Corton-André (Aloxe-Corton), maison qu’elle avait rejoint en 2004. Elle est ingénieure agronome et diplômée de l’université de Dijon (DNO). De 2001 à 2004 elle a travaillé avec Nadine Gublin (Domaine Jacques Prieur, Maison Antonin Rodet, Albert Sounit). Elle mènera une équipe de 23 vignerons en charge de 60 hectares de vignes principalement en premiers et grands crus de la Côte de Beaune et de Nuits (à l’exception de la cuvée de Pouilly-Fuissé dans le Mâconnais).

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Grandes maisons, grands vins ?

3 Octobre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #Dégustation

Le caviste de Beaune, Denis Perret, fête ses 40 ans. Né de la volonté de 5 grandes maisons d'ouvrir une enseigne en plein cœur de la ville, il propose quelques-unes des cuvées phares du négoce bourguignon. Une dégustation proposait d'en passer quelques-unes en revue, un blanc et deux rouges de chaque maison.

 

Bouchard Père et fils (les vins sont servis en magnum)

Beaune 1er cru Clos de la Mousse 2010 rouge ++
Le nez s'exprime sur un registre en finesse et discretion. Dans le même esprit la bouche se profile dans un registre délicat et subtil. La longueur est moyenne.

 

Beaune 1er cru Grèves "Vigne de l'Enfant Jésus" 2005 rouge ++++
La belle maturité du millésime est là : des notes de cerises noires s’expriment au nez. La bouche offre une grande structure, les tannins sont présents mais sans dureté (un caractère que l'on peut parfois noter sur les rouges de ce millésime). La finale, épicée est très longue. Une grande bouteille.

Beaune 1er cru Clos Saint Landry 2010 blanc ++++
Le nez est ouvert, charmeur sur des notes briochées et toastées. En bouche la matière se développe avec beaucoup d'équilibre et d'harmonie. Très belle longueur. Le boisé est parfaitement fondu.

 

Chanson Père et fils

Beaune 1er cru Clos de Fèves 2011 rouge ++(+)
Si le nez est plutôt flatteur et expressif (un caractère appréciable de ce millésime), la bouche exprime une certaine sévérité à ce stade. Le résultat, très certainement, d'une vinification en vendange entière (sans égrappage), politique menée par la maison sous la houlette de l'œnologue Jean-Pierre Confuron. Un vin en devenir.

Beaune 1er cru Bressandes 2001 rouge +++
Plutôt audacieux de proposer un 2001, millésime pas simple, en dégustation aujourd'hui. Ce beaune offre pourtant beaucoup de plaisir. Les notes de fruits noirs de confits montent au nez. La bouche est à la fois consistante et harmonieuse. A boire.

Chassagne Montrachet 1er cru Chenevottes 2011 blanc +(+)
Un boisé toasté domine au nez. La bouche montre une consistance très moyenne. On reste sur sa faim.

 

Joseph Drouhin

Chambolle Musigny 1er Cru 2011 rouge +++
Le nez s'exprime en finesse sur une palette de petits fruits rouges et une touche florale. Les tannins fins, soyeux et flatteurs en bouche offre un vin bien dans l'esprit du millésime et de l'appellation.

Beaune 1er cru Clos des Mouches 1996 rouge +
Le nez est discret, la bouche campe sur une trame vive et ciselée. Elle laisse au final une sensation de maigreur.

Puligny-Montrachet 1er cru Folatières 2011 blanc ++
C'est l'un des grands terroirs du fameux village de Puligny. Le nez s'exprime dans la discrétion sur des notes d'agrumes. La bouche est longue, ciselée, sur une finale minérale. Le milieu de bouche manque un peu d'envergure pour atteindre les sommets...

 

Louis Jadot

Beaune premier cru Clos des Ursules 2009 rouge +++

Un 2009, qui évolue avec toute la générosité propre à ce millésime, sur des notes de cerise et de fruits noirs. La bouche est profonde, onctueuse, gourmande. La longueur est aussi au rendez-vous.

Corton Pougets grand cru 2000 rouge ++++

Le nez évoque des arômes tertiaires (sous-bois) et de cerise à l'eau de vie. C'est en bouche surtout que ce corton se montre le plus fringant : les tannins sont denses, présents mais pâtinés par ces 14 ans d'évolution harmonieuse.

Corton-Charlemagne grand cru 2011 (vin servi en carafe) +++

Un agréable mélange de noissette et d'agrume offrent une palette aromatique expressive et complexe. La bouche est savoureuse, salivante dans un profil qui privilégie la droiture et la pureté à l'opulence et la richesse. La finale est longue. En devenir.

 

Louis Latour

Beaune 1er cru Vignes franches 2009 rouge ++(+)
Un vin expressif, sur le fruit mûr, les épices. La bouche est ronde, puissante, gourmande. Un vin de plaisir. 

Corton Grancey grand cru 2003 rouge +++
Millésime solaire, brulant et très précoce 2003 avait suscité beaucoup d'interrogation à sa naissance sur sa capacité à se garder. Ici, les doutes sont levés. Le vin se tient bien grâce à une concentration de tannins peu commune. Ces tannins sont aussi veloutés que dense. L'ensemble garde donc une certaine élégance. A boire.

Meursault Blagny 1er cru "Château de Blagny" 2010 blanc ++
Le nez évoque des arômes de poire et de pêche. La bouche est gourmande, souple.

Conclusion : Une dégustation d'un bon niveau. Ces maisons historiques tiennent ici leur rang et portent haut les couleurs de la Bourgogne. Chacune exprime un style bien à elle.

 

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Millésime 2014 : « Une année de vinificateur »

26 Septembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #millésime 2014, #Hospices de Beaune

Si le millésime 2014 s’est conclu sur une belle note côté ciel, les raisins nécessitent du tri et de l’attention en cave. Les blancs semblent plus avoir les pronostiques les plus favorables des professionnels.

Vendanges en Bourgogne«Le millésime s’annonçait compliqué. Il n’est pas simple à travailler, confirme Roland Masse, régisseur des Hospices de Beaune. Il faut se questionner sur chaque rentrer de raisins : comment va-t-on les travailler ? Est-ce que l’on fait partir rapidement les cuves en fermentation ou non ? C’est vraiment un gros travail de cuverie cette année.

Si l’on se base sur les résultats analytiques les degrés sont là, les maturités sont bonnes. Nous avons bien travaillé le tri et la qualité du raisin. La richesse en polyphénols à l’air jolie : les premières fermentations donnent de belles couleurs. L’équilibre acide semble pas mal. Si l’on se base là-dessus, on devrait faire un joli millésime, mais année extraordinaire sûrement pas.

En rouge, la situation est très disparate d’une appellation à l’autre, en fonction de la grêle ou non, des conditions du passage de la floraison. Le travail se réfléchit à la cuvée. Il n’y a pas une seule méthode de vinification cette année. Les raisins sont différents d’une parcelle à l’autre. »

Le vigneron de la Côte de Nuits pour les Hospices, Vincent Paindavoine, confie avoir vendangé de très beaux raisins dans les grands crus Clos de la Roche et Mazis-Chambertin (avec des degrés potentiels entre 12 et 12,5°). La qualité semblait plus disparate dans les Echezeaux.

Sur le plan quantitatif, la déception reste tout de même là. Avec une vente qui devrait se limiter à 550 pièces (fût de 228 litres) mis aux enchères le 16 novembre prochain.

Plus globalement, l’œnologue-conseil Kyriakos Kynigopoulos (il suit de nombreux domaines en Bourgogne), parle d’une « année magnifique en blanc ». L’équilibre et la maturité se sont donnés rendez-vous. En rouge, l’extraction se fait sans problème, mais il faut de la vigilance notamment du fait d’acidités volatiles élevées (lire ici). Les vignerons devront être « près de leurs cuves ». La Côte de Nuits semble une nouvelle fois s’en sortir plus favorablement que les autres vignobles bourguignons, en quantité au moins. « Les nuitons ont encore de la chance cette année », affirme l’œnologue.

Des premières impressions à confirmer, bien-sûr, dans les prochains mois.

Photo : Vendanges de pinots noirs, en Côte de Beaune, le 14 septembre dernier .

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Hospices de Beaune : le régisseur tourne une page

21 Septembre 2014 , Rédigé par Laurent Gotti Publié dans #millésime 2014, #Hospices de Beaune

Chef d’orchestre du domaine des Hospices de Beaune, Roland Masse vinifie son dernier millésime. Arrivé en 2000 aux commandes cette institution bourguignonne, il nous livre ses impressions, quelques heures après l’arrivée de la dernière caisse de raisins...

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