La lumière vient du sud. Et le sud, en Bourgogne, c'est le Mâconnais. Dans ce vignoble, plus qu'ailleurs, l'avenir s'annonce radieux. Car même en cave, le soleil n'est jamais loin.
C'est là que ça bouge le plus en Bourgogne ! Mon impression finale en remontant l'autoroute A6, direction Beaune, conforte une nouvelle fois une conviction déjà ancienne. Là où les hiérarchies de certaines appellations sont rarement bousculées, à Pouilly-Fuissé, Saint-Vérand, Viré-Clessé, etc., chaque année apporte son lot de belles découvertes.
Nos dégustations du numéro "spécial millésime 2011" de Bourgogne Aujourd'hui ont mis en évidence deux nouvelles têtes : Frantz Chagnoleau et Romuald Petit.
Le premier, originaire de Charentes-Maritimes, s'est trouvé une vocation pour la vigne. Il a travaillé à partir de 2004 chez Olivier Merlin, l'un des
précurseurs du renouveau qualitatif de la région. Convaincu par le potentiel de ce vignoble, Frantz a cherché un vignoble, avec insistance et patience, avant de s'installer à Pierreclos en
2009. Avec l'aide de sa compagne Caroline, responsable d'exploitation au domaine des Héritiers du Comte Lafon, à Milly-Lamartine, il exploite 5,5 hectares en bio. Son exigence, on pourrait
presque parler d'intransigeance, est impressionnante. L'objectif est de faire ressortir la minéralité de ses terroirs : rendements très contrôlés, élevages longs, pas de surmaturité. Ses
appellations : mâcon-villages, viré-clessé, saint-véran. Il complète la gamme par des achats de raisins sur Pouilly-Fuissé. J'ai eu un coup de cœur pour leur Pouilly-Fuissé "Madrigal" 2010, un
vin qui rivalise allégrement avec les meilleurs premiers crus de la côte de Beaune.
Plus au sud, Romuald Petit a, pour sa part, déposé ses bagages de jeune viticulteur passionné à
Saint-Vérand. Un chemin plus court à parcourir pour lui : originaire de Morgon, il a repris en 2005 le vignoble d'un vieux vigneron décédé sans successeur. Romuald ne revendique pas de
philosophie bio mais un travail artisanal, sans dogmatisme, sur un domaine de 8 hectares, principalement en appellation saint-véran. Ces parcelles sont pour beaucoup spectaculairement escarpées,
interdisant toute mécanisation intensive. Son pragmatisme a fait le reste. Illustration en 2011 : il a étalé ses vendanges sur 3 semaines pour aller récolter les raisins à la période optimale de
maturité. Ces débuts ont été difficiles : son vignoble a subi la grêle trois années de suite (2008, 2009, 2010). Pourtant, cela n'a pas entamé sa loquacité. En vinification, Romuald
Petit se dit adepte du minimalisme quant à ses interventions. Une incontestable réussite. Ses vins sont pleins de fruit et offrent beaucoup de chair en bouche. Il produit également un
beaujolais-village et un morgon d'une grande tenue. Pour info : des portes ouvertes sont organisées au domaine les 16 et 17 juin prochains.
Frantz Chagnoleau et Romuald Petit viennent donc s'ajouter à la liste, désormais longue, des vignerons du Mâconnais qui ont pris place parmi les grands références bourguignonnes. Par bonheur, le Mâconnais est l'un des rares secteurs de la région où le prix du foncier rend l'accès à la vigne encore possible pour un néo-viticulteur. Olivier Merlin, les frères Bret, Jean-Marie Guffens, Nicolas Maillet, Roger Saumaize-Michelin, Jean-Marie Chaland, Pascal Pauget, etc. Autant de vignerons, souvent venus d'horizons extérieurs au vignoble, qui comptent parmi les meilleurs en Bourgogne. Ils insufflent un vent nouveau.
Là où d'autres revendiquent des générations de transmission de père en fils, eux démontrent qu'un regard neuf, de l'enthousiasme et de l'exigence, font merveille sur des terroirs sans doute largement sous-estimés jusqu'ici. Le sud, pas si loin du zénith.
Toutes nos découvertes seront à lire dans le prochain numéro de Bourgogne Aujourd'hui spécial millésime 2011 à paraître le 2 juin.
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- Château Feytit-Clinet 2005 (Pomerol)
- Gevrey-Chambertin premier cru Champeaux 1999 – Denis Mortet
-Viré-Clessé 2004 "Cuvée E.J. Thévenet" - Domaine de la Bongran
- Château La Grave Figeac 2005 - Saint-Emilion grand cru